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NOTRE RéACTION à L'éMISSION CAPITAL SUR M6

Monsieur François DUCROUX
Rédacteur en Chef de l'émission CAPITAL M6
89, avenue Charles de Gaulle
92200 NEUILLY SUR SEINE

Paris, le 25 janvier 2006

Monsieur,

Nous avons regardé avec beaucoup d'attention le reportage consacré à notre secteur, lors de l'émission de dimanche dernier.

Au-delà de notre propre réaction, nous pouvons prétendre nous faire ici les interprètes de la surprise, pour ne pas dire de l'indignation, de nos confrères, adhérents ou non de notre organisation, quant à la façon dont ce sujet a été traité.

  • Vous consacrez tout d'abord une séquence particulière à un entrepreneur de notre secteur, sans mentionner que ses pratiques commerciales ont fait l'objet de nombreuses condamnations pénales (étant précisé pour être objectifs qu'il a parfois bénéficié de jugements de relaxe), séquence valorisante en l'état, effet médiatique oblige.
  • L'exemple donné d'un fournisseur en proche banlieue parisienne est en décalage avec la réalité, parce que très marginal. Aujourd'hui, la majorité des opticiens sont adhérents d'une centrale d'achat ou d'une enseigne et n'ont pas besoin d'aller s'approvisionner dans une telle échoppe.

-Nous avons néanmoins relevé un point positif : cette séquence a permis la mise en perspective des offres commerciales de notre secteur. Avec un panier moyen d'environ 250 euros, le deuxième équipement, offert ou proposé à un prix symbolique, ne saurait être de la même qualité que le premier.

Pour notre part, si nous déplorons la généralisation des offres sur le second équipement qui déprécient la valeur du produit, nous devons aussi dire que le consommateur a sa part de responsabilité : il n'y a pas d'offre pérenne, s'il n'existe pas en face une réelle demande.

..../....

- Sur les pratiques de prix et les remboursements des complémentaires : . Rappelons tout d'abord que si les prix sont libres dans notre secteur, en 1996, dans le cadre d'un groupe de travail au sein du Conseil National de la Consommation, nous avons demandé que soit pris un arrêté, "relatif à 1'information du consommateur sur les produits d'optique médicale", arrêté rendant obligatoire la fourniture systématique, préalablement à la conclusion de la vente, d'un devis avec la description détaillée des produits et services proposés.

Avec ce texte (arrêté du 23 juillet 1996, modifié par l'arrêté du 20 mai 1997) , le consommateur est en mesure de s'équiper en toute connaissance de cause et de faire jouer la concurrence.

. Même s'il correspond encore à une réalité, l'exemple que vous avez donné d'une mutuelle qui reconnaît ne pas être en mesure de vérifier ce qu'elle rembourse est caricatural. Un certain nombre d'organismes complémentaires, ne voulant plus être réduits à un rôle de payeurs aveugles, se sont engagés dans une démarche de contrôle des prestations versées et cette tendance ne peut aller qu'en s'amplifiant.

La conclusion que l'on retient de ce reportage (les opticiens sont "magouilleurs" les complémentaires sont négligentes, voire aveugles, mais tout ce système a encore de beaux jours devant lui, grâce au papy boom) est choquante et inexacte à bien des égards.

En effet, avec les "arrangements " sur facture que vous avez mis en avant, tout le monde est perdant :

  • l'opticien qui, s'égarant dans de telles pratiques pour un gain immédiat, obère le devenir de sa profession,
  • les complémentaires qui ne peuvent réellement adapter leurs offres de contrats aux besoins du marché,

-le consommateur qui prétend "optimiser" la garantie de sa complémentaire en oubliant qu'il paiera de toutes façons (sa cotisation de l'année N +1 réglant les prestations versées l'année précédente).

Ainsi un certain nombre d'acteurs du marché de l'optique s'attachent à corriger ces dérives: fin 2004, nous avons signé, avec la Fédération Française des Sociétés d'Assurances, un accord cadre nous engageant à poursuivre un objectif commun, fournir à nos clients les équipements les plus adaptés à leurs besoins de correction visuelle.

Cet accord, qui s’inscrit dans un contexte de liberté de contracter pour le client, pour l’assureur et pour l’opticien, prévoit le déploiement d'une norme commune d'échanges de données entre opticiens et assureurs ainsi que le respect des principes d’éthique professionnelle. Un comité scientifique paritaire et un comité de suivi permettront d'échanger sur l'évolution des pratiques, des techniques et de l'épidémiologie en matière d'optique, à partir d'études scientifiques indépendantes.

Vous comprendrez à la lecture des informations qui précèdent qu'un tel sujet méritait sans nul doute un traitement plus rigoureux.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur, l'expression de nos sentiments distingués.

Henry-P. SAULNIER Président Délégué

 


La réponse de M6

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