Il y a quelques années, dès que le monopole des produits de distribution de contactologie a été attaqué, l'U.D.O. avait engagé les poursuites nécessaires à l'établissement d'une jurisprudence favorable aux opticiens. Nos premières actions ont été conduites contre des parapharmacies, puis contre les grands magasins ou la grande distribution (par exemple, arrêt de la Cour d'Appel de Paris en 6 décembre 2000 confirmant une ordonnance de référé condamnant Monoprix et SED) et, dans un autre registre, contre des sites Internet.
Il faut avoir en mémoire qu'il s'agit d'un monopole pharmaceutique, avec dérogation aux opticiens, pour les seuls produits d'entretien et que le contexte de l'époque était un peu particulier.
En effet, nous étions alors en conflit avec les pharmaciens, que nous poursuivions lorsqu'ils vendaient des lunettes prémontées et qui, de leur côté, nous attaquaient pour la vente des produits d'application dans les magasins d'optique.
C'est à ce moment que la D.G.C.C.R.F. nous a proposé un marché : "laissez tomber les lunettes prémontées et vous aurez en retour les produits d'application, sachant que, pour nous, dans quelques années ils devront être en vente libre".
Nous avions bien évidemment refusé ce troc, précisant que nous nous inscrivions dans une logique de santé publique et que si des discussions de cette nature devaient s'engager ce serait sous la houlette du Ministère de la Santé et non à Bercy.
La D.G.C.C.R.F n'allait pas renoncer pour autant puisque, quelque temps plus tard, un groupe de travail sur l'optique médicale était réuni au sein du Conseil National de la Consommation.
Nous avions alors réussi (avec l'ensemble des représentants de la filière ayant participé à ce groupe de travail) à convaincre le collège des consommateurs du bien fondé de la réglementation, puisque le rapport précisait que le groupe de travail s'accordait à "rejeter la possibilité de vente de ces produits hors des circuits prévus par la loi (pharmaciens et opticiens) et notamment en hypermarchés".
Aujourd'hui, un nouveau groupe de travail, sur la parapharmacie, vient de rendre un avis contraire et il est intéressant, entre autres, de constater que le rapporteur du collège consommateurs est le même que celui du groupe sur l'optique médicale qui avait conclu au maintien de la réglementation.
Le temps ont donc changé : il est acquis aujourd'hui en France, comme dans la plupart des autres pays, que les domaines réservés et monopoles doivent être réduits au strict minimum (un rapport récent n'a-t-il pas d'ailleurs proposé de supprimer la réglementation d'un certain nombre de professions pour relancer l'économie ?).
En parallèle des lobbies -et quels lobbies!- s'activent depuis des années.
N'oublions pas ce que nous avons face à nous : l'administration la plus puissante de notre pays et la grande distribution ; il faudra mobiliser toutes nos énergies pour essayer de résister à la vague qui s'annonce.